Conscription des étudiants en yechiva : où en est le dossier avant les élections
Loi fondamentale sur l'étude de la Torah, exemption temporaire, suspension par la Cour suprême : le point sur un dossier qui a fait tomber la coalition.

C'est le dossier qui a précipité la dissolution de la Knesset, prononcée le 17 juillet. Le texte censé encadrer l'incorporation des étudiants en yechiva n'a jamais atteint ses lectures finales.
Dans sa dernière semaine de travaux, la Knesset a adopté deux textes distincts. Le premier, une loi fondamentale, inscrit l'étude de la Torah parmi les valeurs constitutives de l'État. Le second, une loi temporaire, suspend l'application de l'obligation de service pour les étudiants remplissant certaines conditions. La Cour suprême a suspendu l'application de ce second texte, dans l'attente de son jugement après une audience tenue le 28 juillet.
Le blocage n'est pas récent, et il est structurel. Toute proposition assez ambitieuse pour répondre aux besoins en effectifs de l'armée met en péril la participation des partis haredim à une coalition ; toute proposition acceptable pour les autorités rabbiniques ne réunit ni la majorité politique, ni l'aval militaire, ni la sécurité juridique nécessaires.
La campagne a déplacé les lignes plutôt qu'elle ne les a effacées. Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major devenu chef du parti Yashar, défend un service obligatoire pour tous, avec une exemption limitée à une part très faible de chaque classe d'âge — il conteste les chiffres bien plus élevés que ses adversaires lui prêtent. En face, les formations haredim, créditées d'une quinzaine de sièges, font de la préservation du statu quo une ligne rouge.
Pour les familles francophones qui envoient un fils étudier en Israël, la question n'est pas théorique : c'est le statut administratif de l'étudiant, et sa liberté de circuler, qui dépendent de l'issue.
Source : The Times of Israël


